Le cœur qui s’emballe,
nuits agitées,
anxiété,
hypersensibilité,
burn out,…
Voici quelques symptômes de personnes qui viennent recevoir des shiatsu.
Je pratique le shiatsu depuis plus de 25 ans et je constate une évolution claire de nos rythmes, nos habitudes et de la dynamique générale de nos sociétés.
Je ne critique rien, je constate, nous sommes tous une partie de la société et avons un rôle à y jouer. J’ai commencé à pratiquer le shiatsu avant l’ultra dominance des réseaux sociaux. A ce moment, un coup de téléphone était le moyen d’aller chercher une information, de prendre contact, d’avoir un rendez-vous, de s’inscrire à un stage, etc. L’arrivée des réseaux sociaux a fluidifier ce transport d’information, l’a aussi ultra dynamisé.
Tout va vite, souvent trop vite.
Au moment de la crise liée à la pandémie du Covid 19, j’ai cru, comme d’autres, que les choses allaient changer. J’oubliais sans doute que chaque humain avait vécu des situations parfois très difficiles : des frustrations, des peurs, de l’enfermement, de l’isolement. Dans la période du premier confinement, j’ai constaté plus de fair-play notamment sur la route. Les automobilistes étaient plus prudents, plus attentifs aux autres usagers. Les gens que je côtoyais allaient plus souvent dans la nature (j’ai la chance de vivre à la campagne).
Après cette période, j’ai eu plusieurs rencontres avec des professionnels de la santé, notamment de la santé mentale. J’ai posé un jour une simple questions aux psychologues et psychothérapeutes présents:
– Dans combien de temps, votre cabinet sera-t-il surchargé avec des patients qui débordent?
Je n’ai pas eu de réponse rapide, nous sommes restés sur cette interrogation.
Un an plus tard, un psychologue m’a appelé et dit:
– C’est parti, ça commence, tous âges confondus.
Depuis j’ai vu un glissement des besoins dans mes rendez-vous shiatsu.
D’après certaines études, nous avons gagné en temps libre mais nous avons perdu en temps de sommeil. Ce que je constate est que nous sommes happé par nos écrans. Les écrans ont pris beaucoup de place. Ils captent aussi toute l’attention des sens: nous regardons, écoutons et scrollons, vite, sans réfléchir. Tout cela nous pousse dans une surcharge sensorielle délirante.
Nous ingurgitons un sandwich accroché à notre écran.
Nous traversons des foules, tous agrippés à nos smartphones, sans prendre conscience des autres qui vivent et respirent à mes côtés.
Nous allons au restaurant et, compulsivement, regardons nos notifications
Nous allons à un concert et filmons plutôt que de se laisser remplir du son, de l’ambiance.
Au musée, nous photographions, plutôt que de laisser l’œuvre venir nous chercher.
Nous cherchons à garder une trace pour plus tard.
C’est quand « plus tard »?
Nous oscillons entre hier et demain.
Que va-t-il se passer?
Pourquoi ai-je vécu cela?
Nous en oublions la seule chose réelle: ce que je vis et ressens maintenant.
Et si nous revenions à nous?
Normalement, nous ne devrions pas nous scinder: le corps d’un côté, l’esprit de l’autre. Nous sommes un. Un être qui vit, mange, boit, respire.
Mais, aspiré hors de soi, on en oublie l’essentiel: être et prendre plaisir à la vie.
Sentir le vent sur sa peau ou l’eau chaude d’une douche glisser sur le corps, l’odeur d’un repas, la vue d’un nuage…
Recevoir un shiatsu (ou un massage), c’est reprendre contact avec son corps, avec soi.
C’est dans cet esprit que je donne mes séances et que les formations Odo shiatsu se donnent.
Réapprendre à sentir, c’est revenir à l’essentiel:
soi et la vie sur laquelle nous surfons.

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