Le terme Gyoki (行氣) se traduit littéralement par « cultiver la sensation du Ki ».
Dans les traditions thérapeutiques japonaises telles que le Seiki Soho et le Shiatsu, on le décrit souvent comme « respirer à travers la main » ou travailler avec une « main qui respire », car le souffle est indissociable du Ki (le souffle, c’est la vie, et la vie, c’est le Ki).
L’une des racines de cette approche japonaise se trouve dans le Hannya Shingyo (le Soutra du Cœur, ou Soutra de la Perfection de la Sagesse).
Comme je l’ai expliqué l’année dernière lors du rassemblement Seiki en Espagne, nous pouvons observer ce qui vit au-delà des formes, des pensées et des émotions.
« La forme est le vide, le vide est la forme. »
(Pour en savoir plus, voici l’article consacré à ce sujet:
Vacuité, un plein de possible )
Tous les praticiens de shiatsu partagent un héritage commun issu de Namikoshi. Ils connaissent tous cette devise :
指圧の心母心、押せば命の泉湧く
Shiatsu no kokoro hahagokoro, oseba inochi no izumi waku
L’essence du shiatsu est celle du cœur d’une mère ; grâce à la pression, la source de la vie jaillit.
Le cœur d’une mère est rempli d’amour (d’une manière générale). C’est un amour inconditionnel.
C’est là que s’établit un lien avec la pratique bouddhiste du *Hannya Shingyo* : il s’agit de trouver cet espace où l’on peut ressentir l’amour inconditionnel. Toucher quelqu’un avec cette compréhension et cette sensation contribue à renforcer et à dynamiser le flux vital dans son intégralité : le Ki et le souffle.
Une autre traduction que j’apprécie particulièrement est celle-ci :
L’esprit du Shiatsu est une rencontre « de cœur à cœur » ; lorsque la pression est appliquée, la source de la vie jaillit.
Cette notion de « cœur à cœur » correspond à l’expression « I shin den shin » ; au-delà d’un simple échange entre les cœurs, elle peut également être comprise comme une communion « d’âme à âme ».
C’est là qu’ réside un merveilleux point de rencontre :
Trouver « I shin den shin », c’est découvrir cet espace libre de tout jugement — dépourvu de notions de bien ou de mal — où règne l’acceptation inconditionnelle.
Au-delà des mains
L’essentiel, et le plus facile à comprendre, réside dans les mains.
Nous pouvons pratiquer gyoki et nous concentrer sur les mains, sur les sensations qui s’en dégagent, mais…
Mais l’important, c’est de pouvoir ressentir gyoki avec tout son corps (non pas faire, ni pratiquer : ressentir).
C’est un long chemin : pratiquer d’un côté, nourrir son esprit et son âme de l’autre à travers des textes, des discussions…
Ainsi, petit-à-petit, la pratique s’éclaire et nous emène au-delà et plus haut.
Lorsque vous touchez un corps avec cet esprit, vous touchez quelqu’un de toute votre âme ; vous touchez l’âme profonde, et il se passe quelque chose !
Dessins réalisés par Daniel Sigler


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