Préparez-vous une tasse de thé. Lorsque vous tenez cette tasse en main, prenez le temps de sentir sa chaleur, son odeur.

Avant de la porter à vos lèvres, prenez conscience de ce qui compose cette boisson: l’eau qui sort de votre robinet, des feuilles de thé qui viennent de plantations lointaines et de la source de chaleur qui a permis de chauffer l’eau.

Cette eau encore qui a fait un long chemin avant d’arriver à votre tasse. Elle a du s’évaporer quelle part sur la planète, se condenser dans un nuage, voyager, se trouver ralentie par un relief des courants aériens. Ces micro-gouttelettes se sont fait de plus en plus lourdes jusque devenir gouttes de pluie qui a ruisseler sur la peau de la Terre avant de percoller lentement vers des couches phréatiques où une pompe à remonter l’eau vers nous. Ces pluies qui ont arrosé les théiers, qui ont pu pousser et développer ses pousses.

Ces feuilles qui ont grandit en Indes, en Chine, au Japon ou ailleurs, qui ont sans doute fait l’objet d’attention des producteurs, toutes ces mains délicates qui ont récolté le feuilles fragiles, qui les ont étendues pour les faire sécher au vent et au soleil. Ce même soleil qui permet la photosynthèse des végétaux, le mûrissement des fruits, ce soleil qui nous chauffe.

Que préférez-vous imaginer: toutes ces personnes qui sont intervenues dans le processus de très mauvaise humeur ou  ces même personnes agissant avec attention et amour pour leurs tâches?

 

Pour ma part, mon choix est tout fait! Et je ne pense pas que cette attitude soit de la douce utopie. Si chacun de nous pouvait agir avec bienveillance et reconnaissance, beaucoup de déséquilibres disparaîtraient.

 

 

C’est dans ce sens que la notion d’écologie ne peut être cloisonnée. Il n’existe pas d’écologie agricole sans écologie intérieure, pas de tri des déchets sans remise en question. La relation que nous avons avec la matière en dit long sur le manque de relation que nous avons à l’humain, à nous-même.

Nous sommes tous des petits pharaons. Nous voulons des vêtements pas chers fabriqués pour une misère loin de nos yeux, nous remplissons nos réservoirs d’essence en baissant les yeux sur les conflits des pays pétroliers, nous voulons des aliments, produits alimentaires dit-on, pas chers mais. Oui ne voulons surtout rien savoir sur les conditions d’élevage ou de production.

Nous ne pourrons vraiment régler nos soucis qu’en se changent de l’intérieur. Oui, le changement sera spirituel. Ce que Gandhi disait il y a 80 ans n’a jamais été aussi tangible: « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». Et si nous commencions par notre propre monde: moi et mon chez moi.

Ainsi, la fuite effrénée vers le matérialisme qui vient combler les frustrations existentielles sera adoucie.

Il n’est pas question de refuser le matérialisme: nous avons besoin de certains objets mais il est important et urgent de faire la part entre ce qui est un besoin ou une envie.

Je ne parle de pas de décroissance mais de consommation respectueuse.

Je parle aussi de la conscience que nous avons envie de mettre dans nos actions. Faire les choses avec le sourire et un sentiment de gratitude apporte beaucoup plus que de trainer les pieds et râler.

Il s’agit d’accepter, plutôt que subir et, par une recherche de ses profondeurs, reconnaître les changements que nous souhaitons et surtout se sentir heureux d’avoir ce que nous avons.